Vous êtes cernés

J’ai choisi ! J’ai décidé de me déguiser en adulte pour Halloween. J’ai fouillé mes livres de monstres à la recherche d’une idée cool mais je n’ai pas les moyens d’être aussi terrifiant qu’eux. Maman ne veut pas m’acheter un costume qui coûte les yeux de la tête. D’ailleurs, vous qui savez plein de choses, ça vaut combien les yeux de la tête ? Plus que les yeux du ventre, j’imagine. Comment je fais, moi, pour savoir combien d’argent je peux avoir ? Je pourrais exploser ma vache-tirelire pour la vider comme la dinde de Noël mais les costumes coûtent la peau des fesses. Ça aussi c’est une expression de grandes personnes que je ne comprends pas, mais elle m’amuse. Il y a le mot « fesses » dedans !

En fait, j’aurais bien aimé être un loup-garou cette année mais je ne suis pas assez poilu. Ouuuuhhh non ! Je me suis creusé la tête pour ne pas me retrouver une nouvelle fois recouvert de ce bête drap blanc avec deux trous pour les yeux. J’en ai marre d’attacher la laisse de Croquette à ma cheville pour faire traîner une chaîne sur le sol. Les fantômes, à qui ça fait encore peur ? Les gens me tapent sur la tête en m’appelant le « gentil petit fantôme » et en rigolant. Ça m’énerve ! Je ne suis pas gentil ! OK ? Je veux faire peur. Je veux avoir des bonbons parce que je fais peur. Je ne veux pas qu’on me trouve mignon. C’est la honte d’être mignon le jour d’Halloween !

La voilà ma solution. C’est Halloween toute l’année au royaume des grandes personnes. Je vois des adultes fatigués partout. Tout le temps. Ils se promènent avec de grosses taches sombres sous des yeux qu’ils gardent péniblement ouverts. C’est loin d’être mignon ça !

Ils me disent que je regarde trop la TV. Que c’est mauvais pour les yeux. Que des robots qui s’entretuent, c’est beaucoup trop violent. Ils m’envoient au lit à 20 h en me disant que je suis fatigué et puis ils traînent jusque minuit devant des émissions idiotes. Je les entends !

Papa me dit de ne pas terminer ma soirée devant un écran et, lui, il s’endort dans le canapé presque tous les soirs le cou plié en deux. Maman aussi parfois. Faut pas lutter contre la fatigue, qu’ils me disent. Tu ne peux pas boire du coca en soupant sinon tu vas mal dormir, qu’ils me disent. Une heure plus tard, ça sent le café dans tout l’appartement. Vous savez les adultes, on dirait parfois que vous n’avez jamais été des enfants. Vous pensez peut-être qu’on ne vous voit pas mais vous êtes cernés.

La nuit du 30 au 31, j’irai dormir le plus tard possible. Pas avant minuit ! Je prendrai les vêtements que j’ai mis pour le mariage de tante Catherine. Un pantalon noir, une chemise blanche et une veste beaucoup trop serrée qui gratte. Je ferai brûler un bouchon en liège pour mettre du noir sous mes yeux.

Quand je sonnerai à votre porte le 31 octobre, vous vous reconnaîtrez peut-être. Ou peut-être pas. Je vous regarderai chercher en quoi je suis déguisé. Adulte, c’est vraiment le déguisement d’Halloween le plus flippant du monde. Un costume discret au milieu de cette armée de grandes personnes tout le temps fatiguées. Heureusement, moi, je serai de nouveau un enfant le 1er novembre. Le soir, je boirai de l’eau et j’irai me coucher à 20h. Vous devriez peut-être faire pareil de temps en temps.

halloween-2013

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Entre 8h et 16h

J’ai des envies de meurtre. Pour éviter la prison, j’ai décidé de tuer le temps. Ce temps qui passe et que je suis en train de perdre à cause de cette maudite livraison. J’attends mon nouveau réfrigérateur. Il doit arriver « entre 8h et 16h ». Je regarde par la fenêtre. Dans ma tête, à cette seconde précise, j’ai 80 ans. Mon appartement est plongé dans un silence monacal. Je suis nerveux. Terriblement nerveux ! Où se trouve ce foutu camion ?

Quand le téléphone a sonné pour m’annoncer la livraison hier, j’ai sauté de joie intérieurement. J’avais une samba brésilienne dans la tête. J’ai baissé la garde. Je n’ai pas réalisé les conséquences de cette phrase anodine. « On vous livrera entre 8h et 16h ». J’étais distrait par mon bonheur. J’aurais dû hurler. Râler. Insulter cette femme au téléphone. Dans les faits, je me suis contenté d’un « très bien » avec un sourire béat figé sur le visage. Samba ! À peine le temps de raccrocher et je me suis souvenu. L’électricité, le gaz, les opérateurs de téléphonie, la firme qui fait l’entretien de l’ascenseur,… Bordel de merde ! Est-ce si compliqué de donner une heure précise pour une livraison ou une intervention chez un client ? Franchement ?

Source : ticlou.over-blog.com

(Source : ticlou.over-blog.com)

Je vous passe le fait qu’il faut fixer une journée entière de congé pour une livraison d’approximativement dix minutes. C’est une pensée néfaste pour ma tension. Il faut prendre une grande bouffée d’oxygène et oublier qu’attendre une livraison, c’est de la constipation sociale. Impossible de bouger. Vous êtes pieds et poings liés. Votre vie s’arrête l’espace de quelques heures. On cherche sans relâche des gens qui ont frôlé la mort pour en apprendre davantage sur cette fameuse lumière au bout du tunnel  alors qu’il suffit de prendre le premier quidam qui a dû attendre une livraison. Vous êtes cliniquement mort ! La liste des choses que vous ne pouvez pas faire est sans fin…

Un achat urgent ? C’est risqué. Même si ce n’est qu’un pain au bout de votre rue. Je pourrais prendre le soleil dans le jardin mais à quoi bon si c’est pour frémir à l’idée de m’endormir et de ne pas entendre la sonnette ? Il est bien pire de rater une livraison que de l’attendre. J’aimerais me laver mais qui serait assez fou pour tenter une incursion éclair sous la douche alors que le livreur peut débarquer d’un instant à l’autre. Même aller à la toilette devient angoissant. Psychose ! On hésite et on sert les fesses. Faire le ménage ? Utile mais est-ce vraiment une idée lumineuse en sachant qu’il est peu probable que le livreur enlève ses bottines en entrant ? Regarder la télévision ou écouter la musique ? Oui ! À condition de mettre le son plus bas qu’un murmure de coccinelle…

Les choses peuvent rapidement devenir encore plus problématiques si vous avez des enfants à aller rechercher à l’école. Ce n’est pas de la mauvaise volonté bonhomme mais le livreur va arriver. Tu ne peux pas faire les 8 kilomètres à pied ? Ou attendre une petite heure ? C’est important un réfrigérateur, tu comprends ? Pas de réfrigérateur, pas de mousse au chocolat !

Ceci dit, je n’en veux pas au livreur lui-même. Il fait ce qu’il peut. Certains vous proposent même d’envoyer un sms quand ils quittent le client précédent. Charmante attention. J’ai l’impression d’être un chien auquel on donne trois mètres de corde supplémentaires pour tourner autour d’un arbre. Le sms n’est pas une mauvaise idée. On suppose simplement que vous vivez avec votre téléphone portable scotché à la main.

Je ne demande pas de connaître l’heure précise de la rencontre avec mon nouveau réfrigérateur. Ne rêvons pas. Je veux bien mettre de l’eau dans mon vin. J’accepte même l’idée qu’il y a une part d’incertitude dans la journée d’un livreur. Par contre, serait-ce si aberrant d’imaginer qu’on me dise si je dois être présent chez moi le matin ou l’après-midi ? Juste ça. Réduire la peine de moitié. Je n’ai pas l’impression de demander qu’on siffle le concerto n°1 en mi majeur, op. 8, RV 269, « La primavera » des Quatre Saisons d’Antonio Vivaldi avec un marshmallow en bouche. Non ! Je veux juste savoir si la livraison se fera le matin ou l’après-midi pour organiser ma journée.

Je pourrais lancer une pétition sur la question mais on sonne à la porte. Ma colère s’évapore comme une bulle de savon éclate dans les airs après une danse furtive. L’envie de meurtre se volatilise. J’accueille ce brave homme comme un sauveur. Imaginer les clients suivants me donne le sourire. Dans certains cas, le malheur des autres est une valeur sûre pour se sentir incroyablement bien. Je ne suis pas le pigeon qui passera en dernier. Il est 14h18. Ma journée n’est pas entièrement foutue. Je regarde le livreur éventrer le carton rageusement. Je suis tellement heureux que je propose un café pour récompenser le dur labeur de ce travailleur courageux. Il le mérite. Les autres clients peuvent attendre. Tout est mer… mais c’est quoi ça ? Pourquoi ce réfrigérateur est-il blanc ? Mais non ! J’ai commandé le gris. LE GRIS !!! Pas le blanc. LE GRIS !!!

Je me contiens en silence. J’intériorise le malaise. Dilemme. Réfrigérateur blanc vs. une nouvelle journée d’attente insoutenable. Finalement, ce n’est pas si moche un réfrigérateur blanc…

Et le gagnant du Workaholic Awards 2012 est…

« Luciole farouche » termine la course en tête dans le marathon du Workaholic Awards 2012. Le tant convoité maillot jaune remplace la chasuble jaune fluo grâce à 19% de vos votes. Luciole farouche succède ainsi à « Debout », le lauréat 2011.

Pour rappel, ce concours vous permet de désigner le texte du « Journal d’un Workaholic » que vous avez préféré durant l’année.

Le « Cluédo de la SNCB » (13%) monte sur la deuxième marche du podium. Ce nouveau jeu de société dédié aux navetteurs semble avoir un avenir prometteur. Pour compléter ce prestigieux podium, « Dînette royale » (12%) et « T’as pas dit UNO » (12%) se partagent la troisième place.

WA2012 résultats

Mon légendaire esprit critique m’oblige à voir que le total des votes s’élève à 86 (contre 186 en 2011). Pour être extrêmement franc, j’ai vu des compétitions de curling plus intenses que le concours de cette année. Ce n’est pas un drame mais je m’interroge. Et comme je n’ai pas les réponses, je vous interroge :

En ce 1er janvier 2013, je tiens surtout à vous remercier sincèrement de faire vivre ce blog par votre présence. Merci à toutes les personnes qui prennent le temps de parcourir et de partager les aventures du Workaholic.

À l’aube de cette nouvelle année, je vous souhaite le meilleur.

Bonne année à toutes et à tous. Keep moving forward !

Frédéric

Luciole farouche

Je vous vois déjà vous moquer de mon nouveau surnom. En ce mois de novembre, j’ai lancé l’opération « Luciole farouche ». Je me suis mis au jogging. Entre courage et inconscience, je brave le froid et l’obscurité emmitouflé dans ma chasuble jaune fluo. La parfaite harmonie entre sécurité et fashion attitude.

« Mens sana in corpore sano ». Ça laisse rêveur. Un esprit sain dans un corps sain ! Étant workaholic, c’est relativement mal barré pour l’esprit sain. À défaut, je peux au moins essayer de prendre soin de mon corps même si je suis intimement persuadé qu’il faut avoir un grain pour courir dans le froid sans une raison d’urgence immédiate. Un homme masqué qui vous poursuit avec une hache, par exemple. Ou une horde de zombies à vos trousses…

Pour être franc, je suis plutôt de ceux qui se donnent bonne conscience entre les barbecues en courant 5 fois l’année quand le soleil est de la partie. Le reste de l’année, je regarde avec admiration par la fenêtre les téméraires qui fendent les gouttes de pluie en accentuant leurs foulées. Qu’il pleuve, qu’il vente ou qu’il neige, ils vont aligner leurs kilomètres. En patins à glace, s’il le faut. Bande de fous…

Tout ça pour vous dire que, ce soir-là, en rentrant du boulot, je ne sais toujours pas ce qui m’est passé par la tête. Journée pourrie. Besoin de me défouler. J’ai mis un training, un sous-pull, un pull, un gros pull, mes baskets et j’ai arraché la chasuble jaune de son emballage pour la mettre sur mon dos. J’ai enfilé mes gants. Entre parenthèses, si certains d’entre vous sont tentés d’essayer avec des mitaines, sachez que c’est une erreur stratégique majeure. J’ai aussi trouvé un bonnet que je n’ai pas mis sur ma tête. Plutôt mourir les oreilles gelées que de poser cette horreur sur ma tête. Je sais, c’est paradoxal venant d’un mec qui porte une chasuble jaune fluo… D’ailleurs, je changerai sans doute d’avis en décembre.

J’ai claqué la porte de mon appartement comme pour me donner du courage et je suis passé du côté obscur de la force. J’ai senti le vent fouetter mes joues. Avec la grâce de Robocop, je me suis rapidement mis en mouvement. Pendant les trois premières minutes, les gens qui m’ont croisé auraient pu penser que j’étais en phase terminale d’un cancer des poumons. Puis, en jouant comme un enfant avec les traces de mes expirations dans la nuit, j’ai pris le rythme. J’ai calqué mes pas sur la sélection de mon lecteur mp3. J’ai appris plusieurs choses utiles. Premièrement, courir sans entendre ce qui se passe est dangereux. Mais courir sans musique est monstrueusement éprouvant. Dilemme ! Pour rester en vie, il vaut mieux baisser le volume ou libérer un tympan de sa prison de décibels. Deuxièmement, le choix de la musique est crucial. Écouter certains groupes en courant dans le froid peut vous ruiner le moral pour la semaine. Troisièmement, les jambes engourdies ne peuvent pas suivre n’importe quel rythme. N’est pas Road Runner qui veut. Heureusement, aucun Coyote à l’horizon pour l’instant. Pourtant, de minute en minute, j’avais l’impression d’être un plat dans le micro-onde. D’abord froid, puis tiède et enfin chaud comme une braise défilant sur le bitume. Plus je laissais les rues de mon quartier derrière mes talons, plus je me demandais si je ressemblais vraiment à une étoile filante fusant dans la nuit. Les gens ont-ils fait des vœux en voyant passer Luciole farouche au loin ? Mystère…

Quand je suis arrivé devant chez moi, j’ai croisé une mère avec un petit garçon. Six ou sept ans maximum. J’ai dit bonsoir du bout des poumons en cherchant mes clés dans la poche de mon pull. Avec toute la naïveté des enfants, j’ai entendu le petit demander à sa mère : « Maman, pourquoi il court le Monsieur ? ».
Étrangement, je me sentais bien malgré cette certitude que j’allais en baver dans les prochaines heures. Je me dépasse quand je cours mais, tôt ou tard, mon corps me rattrape. C’est un jeu entre lui et moi.

Après quelques étirements salvateurs, je me suis laissé masser par l’eau qui s’écoulait du pommeau de douche. Je me sentais aussi déglingué que Monsieur Patate. Mais, positivons, la saine fatigue fait ouvrir les yeux sur des choses fondamentales de la vie. Depuis que je fais mon jogging dans le froid, je ressens même une certaine forme de compassion pour les aliments que je place dans mon congélateur. Un autre homme est né !

Pourquoi je cours, bonhomme ? Je ne sais pas ce que ta mère t’a répondu mais c’est tout bête à comprendre. Le chocolat chaud est bien meilleur lorsqu’on le boit après avoir enchainé les kilomètres dans le froid. C’est principalement pour cette raison que Luciole farouche continuera de prendre l’air en s’époumonant.

Un an de Workaholisme

C’était il y a un an. Une de ces nuits dépourvues de lune. Une de ces nuits durant lesquelles le vent gronde à travers les feuilles des arbres terrorisés. Pendant cette 25ème heure hors du temps que nous offre l’hiver. Dans cet appartement aux murs tachés de larmes de peinture, j’ai pressé le bouton Enter. Vous dormiez probablement. Confortablement emprisonnés dans vos rêves. Anesthésiés par la chaleur et la douceur de vos couettes. Vous n’avez rien vu. Rien entendu. Discret comme le meurtrier qui traverse les pages d’un excellent thriller (« C’est dans la boîte » de Frédéric Ernotte, pour prendre un exemple tout à fait au hasard dans mes lectures récentes), le Journal d’un Workaholic a fait son entrée sur la toile le 28 octobre 2011.

Un an d’existence, ça se fête ! Dans une véritable forêt de blogs en tous genres, vous avez décidé de m’accompagner dans cette aventure. Aujourd’hui, le Journal d’un Workaholic vient d’enregistrer sa 6300ème visite. Merci infiniment de votre présence !

Un an d’existence, c’est aussi l’occasion de regarder dans le rétroviseur. Première chose, j’arrive enfin à écrire le mot « Workaholic » sans me tromper. Ça change une vie… Mais, plus sérieusement, je pense que les 25 premières pages du Journal vous ont montré que la frontière est parfois mince entre la vie d’un Workaholic et la vôtre. À croire qu’on a tous quelque chose en nous de Tenness… du Workaholic, pardon.

Pendant ces 365 jours, j’ai tenté de vous faire voyager dans l’esprit tordu de ce personnage intriguant. Je me suis amusé comme un fou à vos côtés. Le père Noël n’oubliera pas ma lettre de sitôt. D’ailleurs, je pense qu’il craint la prochaine… D’autres textes vous ont visiblement beaucoup fait rire. J’ai noté votre intérêt pour une mémorable sortie « shopping » en période de soldes et une partie de UNO sous tension. Je tiens aussi à préciser que vous êtes des dizaines à me réclamer la concrétisation du « Cluédo de la SNCB » et à me demander si un médecin peut délivrer des certificats médicaux pour cause de « Blackjack ». Le Journal d’un Workaholic est fait pour amuser.

Parce que la vie n’est pas que rires et pâquerettes dans les champs, des larmes ont coulé. L’émotion provoquée par la « Dînette royale » restera gravée dans ma mémoire. Le Journal d’un Workaholic est fait pour émouvoir.

Vous le savez, derrière une apparente décontraction, le Journal d’un Workaholic a aussi pour objectif de bousculer un peu la société. De disséquer notre quotidien. Comme une réponse à mes doutes, vous avez désigné « Debout » en tant que lauréat du concours « Workaholic Awards 2011 ». Vous avez également été très nombreux à réagir aux textes « Y a pas l’feu », « Codezilla » et « La loi du talion ». Le Journal d’un Workaholic est fait pour réfléchir.

En un an, il y a aussi les moments décalés. Les inclassables. Je suis particulièrement fier (si, si…) de ma fresque murale avec l’arbre et le lapin. Vous êtes plusieurs à m’avoir avoué que cette véritable œuvre d’art était devenue votre image de fond d’écran pendant plusieurs jours. Le Journal d’un Workaholic est fait pour partager.

Trêve de nostalgie, qui dit anniversaire, dit cadeau… On ne peut pas s’offusquer qu’une demande reste sans réponse si elle n’est pas formulée clairement. Dès lors, à l’aube de cette deuxième année, je compte vraiment sur vous pour présenter le Journal d’un Workaholic aux personnes qui vous entourent. J’ai besoin de vous pour faire connaître le blog. Impressionnez-moi !

Mais avant toute chose, l’heure est venue de souffler sur cette bougie ensemble. On dit souvent que le chemin compte plus que la destination. J’ai débranché le GPS et je me remets en route. Que celles et ceux qui aiment le Journal d’un Workaholic me suivent… Cher Journal, je te souhaite un joyeux anniversaire !

 

Le saviez-vous :

1. Vous pouvez recevoir un mail lorsque je publie un nouveau texte. C’est un moyen beaucoup plus efficace que les réseaux sociaux pour ne rien rater. Vous ne recevrez rien d’autre que l’annonce d’une nouvelle publication sur le blog avec le lien vers l’article.

Concrètement, il suffit d’indiquer votre adresse mail dans la case prévue (voir ci-dessous) et de cliquer sur le bouton « suivre ». Vous pouvez vous désinscrire à tout moment mais ce n’est jamais arrivé car mon blog est merveilleux ():-)

2. Pour les utilisateurs de Facebook, il existe une page « Journal d’un Workaholic ». Je vous invite chaleureusement à la rejoindre en cliquant sur le bouton « j’aime ». En plus des articles, j’y publie des phrases particulièrement philosophiques comme : « C’est quand même hallucinant le nombre d’heures qu’on perd à aspirer alors qu’il suffit de marcher en chaussettes. » ou encore : « Il n’y a pas de mauvaises journées. Juste de mauvaises manières d’aborder de bonnes journées. » Vastes débats…

100 heures pour réaliser un film

Clap ou pas cap ? C’est la question lancée par l’asbl Ciné Pocket à une bande de Workaholics, anonymes ou non, amoureux du 7ème art. Le challenge ? Réaliser un court-métrage de maximum 2 minutes en 100 heures avec son téléphone. Scénario, casting, tournage, montage… Top chrono ! Pour cette édition 2012, le groupe Puggy (les parrains de l’événement) a imposé le thème « La fin d’un monde ». Autant vous le dire tout de suite, je n’ai pas participé à ce concours. Vous avez donc échappé à une histoire ridicule de Dinosaurus et de sèche-cheveux qui, je n’en doute pas, vous aurait complètement bouleversés.

Participer à ce concours, c’est s’offrir 100 heures de pure adrénaline. Ça carbure chez les réalisateurs. Au Diable les heures de sommeil et les repas équilibrés. La trotteuse s’affole. Il faut redoubler d’ingéniosité pour voir son film projeté sur grand écran lors de la séance publique au Festival International du Film Francophone de Namur (Belgique).

Pour désigner les lauréats, le vote se fait à l’ancienne pendant la projection des films sélectionnés. Cars de supporters VS cars de supporters ! On s’agite. On crie. On lève son verre. Eh, son carton vert, pardon… pour plébisciter ses coups de cœur.

Le 3 octobre 2012, j’étais dans la fosse en tant que spectateur privilégié de l’audace et de la créativité. La conclusion de la soirée est simple : il y a du talent à Namur !

Fabrice Borlée, régional de l’étape, fait un pied de nez magistral à son surnom de Poulidor du « Clap ou pas cap » et monte sur la plus haute marche du podium. Son court-métrage « Dark Side » fait mouche. Un bijou d’humour noir. Vous noterez l’utilisation machiavélique de la petite Enora pour attendrir les spectateurs. Fourbe mais tellement touchant. Petite digression pleine d’innocence, Fabrice pratique également le placement de produit. Saurez-vous retrouver le titre de cet excellent livre que je vous recommande vivement ?

Dans un autre style, tout aussi percutant, Valentine Dolez nous offre « Karma ». Gros coup de cœur pour l’intelligence du scénario et la mise en images. Chapeau bas au monteur. Un pu… de travail en si peu de temps ! Valentine s’offre la deuxième marche du podium de ce concours et remporte le Prix des Prix quelques heures plus tard.

Pour rester dans mes coups de cœur, voici « Philibert » de Rachel Vallée. Un court-métrage attachant dans un décor surprenant…

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Last but not least, l’excellent court-métrage « Pense à Catherine » de Guillaume Franck et Jean-Baptiste Vandepotellen de Bigelaer. Deux minutes surréalistes qui valent mieux qu’un long discours pour expliquer aux absents ce qu’est le « Clap ou pas cap ».

En conclusion, ils étaient « Cap » ! Félicitations à tous ces WorkArtists qui ont relevé le défi. Qu’ils soient lauréats ou non, ils nous ont fait passer une excellente soirée. Rendez-vous à Namur dans un an pour la 4ème édition du « Clap ou pas cap ».

Valentine et Fabrice remportent l’édition 2012 du « Clap ou pas cap » en compagnie de Puggy (Crédit: Ciné Pocket)

Le Cluédo de la SNCB

Les trains sont à l’arrêt. Le réseau est paralysé. J’ai un immense problème. Une déception profonde au fond du cœur. Malgré toute l’empathie qui me caractérise, je ne peux qu’effleurer toute la détresse qui habite quelqu’un dont le train n’arrive pas. J’aimerais me joindre à la grogne et pester sur mon quai en faisant les cent pas. J’aimerais appartenir à cette grande famille de navetteurs et souder des liens avec mes compagnons d’infortune. J’entends mes collègues râler et je dois rester au balcon en donnant l’impression que je comprends leur désillusion et leur angoisse.

Vous allez me dire : « Tu n’as qu’à prendre le train si tu veux comprendre ». Le hic, c’est que je déteste payer (cher) pour un service qui ne me satisfait pas. C’est viscéral. Je ne prends plus le train depuis que j’ai compris que la chenille ne part pas toujours à l’heure. Ce moyen de transport est définitivement incompatible avec la vie d’un Workaholic. Ce constat ne m’enchante pas spécialement mais il faut parfois faire preuve d’un réalisme résigné. D’ailleurs, j’ai une pensée émue pour les personnes qui n’ont pas le choix.

« Le train à destination de Bruxelles aura du retard en raison d’un excédent de voyageurs ». « Mesdames, Messieurs, nous sommes malheureusement dans l’incapacité de continuer notre route car quelqu’un a oublié sa brouette sur les voies ». « Mesdames, Messieurs, en raison d’une confusion des feux, nous sommes à l’arrêt pour une durée indéterminée. Mais si vous regardez à gauche, vous pourrez admirer un magnifique arc-en-ciel ». (Extrait de « 20 drôles de communications SNCB » – Références.be)

Vous voyez de quoi je suis privé ? Il y a de quoi être jaloux, non ? Moi aussi je veux rire et je suis donc devant un dilemme. Comment profiter de cette source inépuisable d’amusement qu’est la SNCB sans subir les désagréments ? Je vais peut-être vous surprendre mais j’ai trouvé LA solution. J’ai inventé un jeu : le Cluédo de la SNCB !

En deux mots, le Cluédo classique est un jeu de société dont le but est d’élucider le meurtre du Docteur Lenoir en menant une enquête digne d’Hercule Poirot. Objectif : trouver l’arme du crime, la pièce du Manoir Tudor dans laquelle le meurtre a été commis et, surtout, le nom du coupable de ce crime « odieux ».

Dans le « Cluédo de la SNCB – Perturbations sur le réseau », on remplace simplement la question « Qui a tué le Docteur Lenoir ? » par « Pourquoi mon train est-il en retard ? ».

Le plateau de jeu n’est autre qu’une carte quadrillée de notre plat pays. Avec vos adversaires, vous désignez six villes qui comptent une gare. Vous devrez vous promener dans chacune d’elles pour résoudre l’enquête.

 Plateau de jeu – Version 1. L’auteur préfère rester anonyme. 

À l’entame de la partie, vous vous trouvez toutes et tous sur le quai de la gare Bruxelles-Central. Il est 17h18 et vous êtes sur le point de rentrer chez vous. Du moins, c’est ce que vous pensiez… La larme à l’œil, vous constatez que votre train n’entre toujours pas en gare. 17h42… Il se passe sans doute quelque chose de terrible. Mais quoi ? Qui ? Comment ? Où ? L’enquête est lancée !

Dans ce jeu au suspense poignant, les problèmes techniques se mêlent aux actes de malveillance. Il vous faudra dénouer le vrai du faux. Le résultat de cette équation à trois inconnues se trouve sur les cartes dissimulées dans une petite pochette noire sur le bord de la table. Une ville. Un fait. Un(e) coupable…

Grâce à vos indéniables qualités d’inspecteur, il ne reste que six suspects sur votre liste. Kévin, Georgette, Soraya, Jiang Li, Guillermo et Charles-Henri. Une de ces personnes est responsable de votre attente dans le froid. Votre nez coule. Vos doigts sont engourdis. Que s’est-il passé ? Six possibilités s’offrent à votre flair légendaire. Un vol de cuivre ? Un suicide ? Un contrôleur agressé ? Un malaise ? Un sabotage ? Ou une alerte à la bombe ?

Vous n’avez que peu de temps pour résoudre cette énigme. Jiang Li a-t-elle agressé un contrôleur en gare de Namur ? Kévin vole-t-il du cuivre à Mons ? Charles-Henri a-t-il saboté les freins du train IC à destination d’Arlon ?  Ne serait-ce pas plutôt Georgette qui vole du cuivre à Liège ? Ou Guillermo qui vient de faire un malaise à Bruges ?

Attention, votre enquête ne sera pas de tout repos. À chaque tour, vous devrez également piocher une carte « Météo ». Il s’agit souvent d’un soleil généreux qui vous permet de poursuivre votre chemin gaiement en sifflotant (cette partie du jeu est une fiction) mais il existe des cartes « Pluie – Passez un tour » et « Neige – passez deux tours ».

Beaucoup plus rare, le carte « dépôt sauvage » vous permettra de faire dérailler provisoirement l’enquête de vos adversaires. Avec cette carte en main, vous déposerez un canapé, un vélo, un poney ou une Fiat rouge à faible kilométrage sur les voies d’un concurrent. Il devra alors passer trois tours. Le temps de libérer la voie.

Le succès à venir de ce jeu est d’une limpide évidence. Vous l’aurez compris, le « Cluédo de la SNCB – Perturbations sur le réseau » est un jeu de société pédagogique à mettre entre toutes les mains. Patron, famille, amis… Il ravira petits et grands dans des soirées de franches rigolades. Pour résumer, un jeu à l’image de la vie d’un navetteur…

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